Chronique
du jumelage des aéro-clubs
des villes jumelées de
Kaiserslautern et de St. Quentin

 

à l’occasion
du trentième anniversaire
du jumelage


Kaiserslautern                 -                 St. Quentin

Dr. Hermann Bolz                                   Jean-Pierre Henon

Préface
Les débuts
La première rencontre
Le jumelage trouve son chemin
La première visite des camarades français à Lachen-Speyerdorf
Le premier stage 1968
Le deuxième stage 1969
Le troisième stage 1970
Le jumelage en crise
Le renouvellement du jumelage
Le quatrième stage 1986
Le cinquième stage 1987
Le sixième stage 1989
Changement de génération chez le Flugsportverein Kaiserslautern
Le septième stage 1993
Le huitième stage 1994
Le neuvième stage 1995
Le dixième stage 1996
Perspective


30 ans sont une longue période de temps. Quand on collectionne les événements pendant cette période de temps avec le regard en arrière, comme nous l’avons fait pour cette chronique, on prend conscience de la longueur de ce temps. Il y a des hauts et des bas, des heures de joie de vie exubérante mais aussi de tristesse profonde. Des amitiés naissent quand des cercles de vie se touchent et elles disparaissent au cours du temps. Mois après mois, année après année s’agrandit la réserve des choses communes qui aident à mieux passer par des temps difficiles et à enrichir les bons temps. Des amitiés au petit pied comme celle-ci sont très liées avec d’autres amitiés plus grandes, sans lesquelles elles ne pourraient pas subsister. Par exemple, elles sont les pierres fondamentales pour l’attachement entre le peuple français et le peuple allemand qui entretiennent une amitié exemplaire, conscients de leur responsabilité envers l’Europe.

Après trente ans, nous voyons un grand nombre de liens amicaux et nous voulons, avec cette chronique, rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à cette amitié mais qui ne sont plus avec nous. Nous évoquent la mémoire des anciens présidents de l’aéro-club de Kaiserslautern, les camarades Ludwig Heil et Artur Bolz qui s’engageaient beaucoup pour cette amitié du côté allemand ainsi que les camarades français Jean-Bernard Lucas et Claude Baillet, avec qui nous étions liés par l’enthousiasme pour notre sport et une camaraderie profonde.

Nous voulons continuer notre amitié, attendre l’avenir ensemble, entreprendre beaucoup de choses conjointement et ainsi vivre de notre façon une Europe unie.

Les débuts
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De premières indications à l’intérêt de l’aéro-club de Kaiserslautern pour un jumelage avec des aviateurs français et des aviatrices françaises datent de 1965, quand le Flugsportverein annonce les camarades

Günter Fasske
Christof Rothschuh
Thomas Sledzijowsky

pour un stage vélivole de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse du 09.08. au 24.08.1965.

La recherche d’un club français comme club jumelé dans la région autour de Dijon est désormais effectue par M. E. Scherrer de Landau qui informe le Flugsportverein Kaiserslautern dans une lettre du 09.02.1966 qu’il a transmis à Dijon l’adresse du Flugsportverein Kaiserslautern et son intérêt à un club jumelé. Mais comme il y a déjà plusieurs demandes à Dijon, M. Scherrer renvoie encore à un club de la France du Nord, l’aéro-club de Laon. Avec cela, le Flugsportverein Kaiserslautern est mentalement déjà très près de St. Quentin.

Le premier contact écrit avec l’aéro-club de l'Aisne est effectué par une lettre qui date du 23 mai 1967. Dans cette lettre, le Secrétaire Général Jacques Denoyelle fait savoir qu’il attend déjà depuis des mois la réponse à sa missive du 08.02.1967 qu’il a écrit à «l’Aéro-club de Kaiserslautern». Il dit qu’il a écrit à l’adresse suivante:

  Herrn Präsident Fr. BECKER
  Architect
  Bremerstrasse 12 b.
  676 Kaiserslautern

Cette lettre Qui est maintenant adressée à

  Monsieur le PRESIDENT
  de l'AERO-CLUB de KAISERSLAUTERN

arrive à destination. En peu de temps, on consulte avec deux autres lettres pour une rencontre sur le terrain à Roupy le 25 juin 1967. Le président de l’aéro-club de l’Aisne à ce temps-là est

  Monsieur Georges LEGRAND

et le responsable du Vol à Moteur

  Monsieur Marcel DUPRESSOIR

La première rencontre
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Le 24 juin 1967, les camarades

  Artur BOLZ
  Edmund HORLEMANN

s’envolent comme représentants du Flugsportverein Kaiserslautern avec le Bölkow Junior D-EGQI du club à Roupy. Edmund Horlemann se souvient:

«Oui, ce vol à St. Quentin a été dans un temps quand nous étions encore très «enragés» à voler et planaient chaque week-end dans le ciel. Après le renouvellement de ma licence en Suisse (1957), j’avais effectué déjà presque 400 décollages et plus de 150 heures de vol ainsi que plusieurs mille km de circuit sur la campagne. Cette expérience était probablement la raison pourquoi Artur me choisissait pour le premier vol à St. Quentin, d’autant plus que nous avions une certaine «expérience de la France» à cause de la guerre et de la captivité et nous connaissions le terrain dans la région qui nous allions survoler.

Les préparations de vol étaient simple grâce à la distance et aux circonstances topographiques: 270° Lachen-Speyerdorf - Saarbrücken/Ensheim (ici formalités de la douane) et 280° Saarbrücken - St. Quentin. Il faisait beau temps, nous avions le vent de face. Il n’y avaient pas de problèmes de voler le plus bas possible pour voir beaucoup parce qu’entre les Ardennes et la forêt d’Argonnes, il n’y a que les hauteurs 402 et 338. Nous avons atteint nos repères de navigation que nous avions cherché dans une carte routière dans le temps prévu et nous avons trouvé tous les points de navigation et les ont survolés après quelques corrections de notre cap causées par le vent. C’est ainsi que nous avons volés près de Rethel quelques kilomètres parallèlement à l’Aisne, puis nous avons vu les lacs près de Laon et bientôt la cathédrale au centre de St. Quentin. On a passé la ville dans le sud sur le chemin de fer et le canal - et déjà, nous nous apercevions le terrain à côté de la route. Nous étions heureux d’avoir atteint le terrain sans problèmes et ponctuellement. Nous nous apercevions encore une fois qu’ici, les plus grandes plaines, ce ne sont pas les aérodromes mais que les champs et les prés étaient encore plus grands. Comme il n’y avait pas de séance de vol sur «LFAW» et nous ne voyions pas de T d’atterrissage, je me suis décidé à un tour à très basse altitude autour du terrain qui était commenté par mon compagnon surpris par «Tu es fou? Qu’est-ce qu’ils vont penser de nous?» Maintenant, des gens ont paru devant les hangars, et après un autre tour j’ai amorcé l’atterrissage sur la 23 et j’ai fait un atterrissage de précision douce. Pendant que nous roulions, une vieille Citroën s’est joint à nos côtés pour nous accompagner aux hangars.

Une foule de personnes se trouvait déjà ici. J’ai cru que leurs visages exprimaient une certaine tension intérieure: «Qui est-ce qui va arriver là?» Nous avons fait signes avec nos mains et Artur a souri avec son sourire fripon particulier. Cela a rompu la glace et tout le monde nous a accueilli avec gentillesse. Ayant stationné notre avion «Bölkow», nous sommes descendus et nous avons été entouré par nos amis qui nous ont servi le champagne, la boisson la plus française du monde.

L’accueil a été chaleureux et gentil d’une manière impressionnante, surtout grâce à Michèle Leblanc, l’interprète, qui nous a dit bonjour de façon si charmante en allemand, nous présentait le secrétaire, M. Denoyelle, ainsi que M. Dupressoir et qui nous traduisait leurs mots.
Quand Artur a commencé de parler - en français (de captivité) - et de raconter la première blague, nous étions déjà «admis» et on nous a regardé (et notre Bölkow) avec intérêt de tous côtés. On nous a accompagné à la maison du club où nous attendait déjà un repas français très riche. On a tenu les premiers discours et nous avons pu offrir notre petit présent. L’atmosphère était comme si on se on se connaissait déjà depuis longtemps, il n’y avait pas de ressentiments envers les deux allemands. Nous avions l’impression d’avoir trouvé de vrais camarades.

Après que le président nous a présenté à l’assistance, nous avons fait la connaissance des «actifs» de l’aéro-club. Comme quelques uns savaient «l’allemand» et on utilisait aussi «l’anglais», il n’y avait pas de difficultés de se faire comprendre.

Après la première «séance», on nous a donné des explications et nous a montré les planeurs et les avions et l’atelier. A part quelques vieux appareils, il y avait aussi de nouveaux planeurs et deux avions remorqueurs «Tiger Moth» qu’ils voulaient bientôt remplacer par un nouvel avion. A côté du terrain, il y avait une station météorologique et un contrôle locale du trafic aérien. Le terrain, comme nous l’avons déjà constaté de l’air, était géant avec deux pistes longues d’herbe qui se croisaient, ce qui assurait la séance de vol dans presque toutes situations en ce qui concerne la direction du vent. Ce jour-là, nous n’avons plus volé, car les présentations, les repas et surtout les boissons nous occupaient beaucoup. On a remis la suite du programme au lendemain. Pour dormir, on nous a séparés: Artur devait dormir chez la famille Dupressoir et moi, je devais dormir chez la famille Denoyelle. Nous n’avons plus su le lendemain quand nous avions réussi à nous endormir parce que certaines boissons avaient montré nettement leur efficacité...

Le dimanche matin a commencé avec une rencontre pour visiter la ville et s’est terminé par un dîner dans un restaurant ensemble avec tout le comité directeur et beaucoup de membres du club. Cela montrait non seulement l’hospitalité française typique mais aussi (comme on l’a senti et comme on l’a exprimé aussi en bavardant aux tables) la volonté de s’approcher à un jumelage franco-allemand au niveau des deux clubs.

Artur a approfondi ce sujet dans les heures suivantes pendant que je faisais quelques vols avec des camarades français qui s’intéressaient au «Junior».

Avec la promesse de faire une contre-visite à Neustadt ou à Kaiserslautern, nous avons effectué nos préparations pour le vol de retour. On nous a dit au revoir très chaleureusement, et après le survol obligatoire, le «Bölkow» a pris sa route vers l’Allemagne. Les conditions météorologiques étaient bonnes et nous avons encore survolé la ferme où travaillait Artur après la guerre et les endroits de nos séjours involontaires à Reims, Epinal, Mourmelon et Attichy.

Heureux et content de notre mission, nous avons atterri (après les formalités de la douane à Saarbrücken/Ensheim) à Lachen-Speyerdorf, où nous attendait déjà Ludwig Heil (notre président à ce temps-là), plein d’espoir et avide de savoir.

Il ne faut pas commenter le fait que ce vol à St. Quentin-Roupy décidait un jumelage qui persiste jusqu’à aujourd’hui. Hors des amitiés des pilotes naissaient aussi des amitiés de famille qui mènent à des rencontres les semaines et les années suivantes et jusqu’à maintenant quand le Flugsportverein Kaiserslautern et l’Aéro-club de l’Aisne fêtent les trente ans de leur jumelage.»


Artur Bolz, Edmund Horlemann, Jacques Denoyelle, Michèle Leblanc et Marcel Dupressoir après l’arrivée des camarades allemands à Roupy le 24 juin 1967

Le résultat le plus important de la première rencontre des camarades allemands avec les camarades français à Roupy est une sympathie spontanément née, particulièrement entre Marcel Dupressoir et Artur Bolz ainsi qu’entre Jaques Denoyelle et Edmund Horlemann. Sur cette base, on organise immédiatement une visite des camarades français du stage annuel traditionnel du Flugsportverein Kaiserslautern à Lachen-Speyerdorf.

Les allemands qui financent leur séjour à Roupy eux-mêmes y trouvent leur compte. Le séjour est agréable et plaît à tous.

Dans ce contexte, il faut encore mentionner l’interprète excellente Michèle Leblanc qui facilite énormément le départ vers ce jumelage jeune malgré des connaissances de la langue française chez Artur Bolz.

Le jumelage trouve son chemin
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Un stage - le rêve de tous les pilotes. Et maintenant, de plus, avec participation internationale. On a fait tous les efforts possibles à Kaiserslautern pour organiser le stage commun à Lachen-Speyerdorf avec les camarades français. Malheureusement, ce sont les détails qui font les plus grands problèmes. C’est pourquoi on ne réussit pas à organiser dans le temps serré du 24 juin 1967 jusqu’au début prévu du stage le 24 juillet 1967 la participation des français au stage. Avec le regret chez les deux parties naît le dessein de ne pas laisser se faner la fleur douce du jumelage. Et ainsi on réussit à organiser une visite de Jaques Denoyelle, Marcel Dupressoir et Michel Jampierre le 21 et 22 octobre 1967 à Lachen-Speyerdorf.

La première visite des camarades français à Lachen-Speyerdorf
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Le 21 octobre 1967, 13.01 heures HEC: Le F-BOZK atterrit sur l’aérodrome EDRL. Jacques Denoyelle, Marcel Dupressoir et Michel Jampierre sont très chaleureusement accueilli par Ludwig Heil, le président du Flugsportverein Kaiserslautern à ce temps-là, de Artur Bolz, le responsable du club pour le jumelage avec St. Quentin, et de Edmund Horlemann.

Marcel Dupressoir se souvient de sa première visite chez le Flugsportverein Kaiserslautern:

«La première rencontre a eu lieu en juin 1967 avec la venue à St. Quentin-Roupy de Messieurs Artur Bolz et Edmund Horlemann qui, pour la circonstance, avaient relié notre aéro-club par la voie des airs à bord d’un monomoteur biplace. La deuxième entrevue eut lieu en octobre 1967, avec la venue à Kaiserslautern de Messieurs Jacques Denoyelle, Michel Jampierre et Marcel Dupressoir qui, à leur tour, avaient relié le terrain de Lachen-Speyerdorf à bord d’un monomoteur quadriplace.

Les amis nous attendaient sur le terrain de Lachen, et à l’heure prévue, nous étions à la verticale de la ville lorsque nous aperçûmes une fusée verte qui scintillait dans le ciel pour nous situer le terrain sur lequel nous allions nous poser.
Nous nous présentions, face à la piste, suivant les indications du responsable de piste, M. Georg Mock assisté du moniteur Carl Schindler et du responsable des relations administratives M. Artur Bolz et Edmund Horlemann. La prise de terrain se fit avec douceur, sur cette longue piste en herbe, qui allait être notre deuxième école de vol à voile et de perfectionnement, heureux d’être à nouveau avec nos camarades pour partager à leurs côtés les joies de ce sport, que nous avions choisi, car il représentait à nos yeux la discipline, l’esprit d’équipe et la liberté d’une évasion dans l’infini.

Notre séjour à Kaiserslautern fut des plus cordial; nous avions été accueillis avec chaleur et gentillesse par les membres de l’aéro-club et leurs familles. Le temps passé à leurs côtés fut trop court, tant il y avait à voir, d’un côté les installations du club avec le matériel que nous allions découvrir avec intérêt, surtout le lancement des planeurs par treuillage que nous autres, nous ne connaissions pas et qui allait être une autre méthode pour pratiquer notre sport. Ensuite nous avions visité la ville de Kaiserslautern ainsi que la région très verdoyante et boisé. La soirée passée ensemble dans un restaurant renommé où la joie et la fraternité étaient au rendez-vous, termina cette belle journée.

Je me dois d’ouvrir une parenthèse et de citer M. A. Bolz qui était à la fin de sa vie président du club, comme étant la personne qui a été la plus dynamique des rencontres entre les deux clubs. C’est à lui que nous devons la continuité des rapports d’amitiés entre nos deux villes, j’apporte ici à son égard mon plus profond respect. Son dévouement, sa gentillesse et sa sympathie pour la France ont permis qu’aujourd’hui, après 30 années, des liens unissent encore nos deux clubs.

Depuis, j’entretiens cette amitié et suis heureux de voir que des membres nouveaux ont repris le flambeau, pour que cette union reste vivante et pleine d’espoir pour les générations à venir.»

Cette année qui est en tout couronnée de succès pour le Flugsportverein Kaiserslautern, est ombragée le 4 décembre 1967 par la mort soudaine du président du club, M. Ludwig Heil, qui s’engageait exemplairement avec tous ses efforts personnels et sans égoïsme pour le club. Ses mérites, aussi pour le jumelage entre les deux clubs de St. Quentin et de Kaiserslautern resteront inoubliables. Georg Mock devient successeur de Ludwig Heil et président du Flugsportverein Kaiserslautern. Il soutient Artur Bolz dans la longue période de son activité en ce qui concerne le jumelage avec l’aéro-club de St. Quentin en lui accordant - comme le faisait Ludwig Heil - mains libres dans toutes les questions du jumelage.

Le premier stage commun à Lachen-Speyerdorf 1968
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Déjà vers la fin de l’an 1967, les préparations pour un stage commun avec les camarades français commencent sous la direction de Artur Bolz. Le 22 mars 1968, les informations nécessaires peuvent être transmis dans une longue lettre à Jacques Denoyelle.

Au stage du 4 au 8 août 1968 participent M. Dupressoir avec sa femme, M. Meunier, M. Henon, M. Lucas et M. Lemuet. Ils emmènent un motoplaneur Fournier RF 4 ainsi qu’un planeur. Bien que le temps ne soit pas agréable pour les pilotes, on réussit à effectuer 300 décollages. Le décollage par treuillage est nouveau pour les amis français, mais il l’apprennent vite et avec beaucoup de joie.

Le point culminant du programme du stage est une promenade avec le bateau de Charlie Johnen du Reffenthaler Altrhein jusqu’à Lauterburg. Au cours du stage, on a beaucoup de possibilités d’approfondir les amitiés entre les camarades. Il n’y a pas de soirée où on ne parle pas des événements de la journée avec un verre de vin ou de la bière pendant que les problèmes de se faire comprendre disparaissent lentement du jour au jour.
À la fin de ces quinze jours, de vrais amis se disent au revoir avec la promesse ferme d’organiser un stage commun à St. Quentin pour l’année prochaine.


Hermann Bolz, Artur Bolz, Marcel Dupressoir, H. Volkmann, Gustav Weidler, Jean-Bernard Lucas, Jean-Pierre Henon, Ludwig Heil, Jacques Denoyelle

Le deuxième stage commun à Roupy 1969
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Satisfait par le succès du premier stage commun à Lachen-Speyerdorf, on organise un autre stage à St. Quentin Roupy du 3 au 16 août 1969.

Voici les adhérents du Flugsportverein Kaiserslautern qui y participent:

Artur, Irene, Hermann et Waltraud Bolz
Boris Cunk
Georg et Christa Engel
Claus Freudenberg
Peter Henke
Edmund et Jürgen Horlemann
Willi, Erika et Peter Kaiser
Georg et Barbara Mock
Gilbert Nadler
Dieter Peterschun
Gerhardt Rihlmann
August, Magda, Karin, Ursula et Manfred Steiner
Horst, Helga et Dagmar Volkmann

Pour ce stage, le Landessportbund Rheinland-Pfalz subventionne le Flugsportverein Kaiserslautern avec DM 507.- pour le voyage et le séjour.

Comme des liens amicaux existent depuis le temps après le premier stage entre les familles Dupressoir et Bolz, ces deux familles décident d’échanger leurs enfants Marie-Christine et Hermann avant le stage. Hermann se souvient:

«Dans notre famille, la France a toujours joué un grand rôle. D’un côté, mes ancêtres maternels sont originaires de la France et de l’autre côté, mon père y était longtemps prisonnier de guerre. Il nous a souvent raconté de ce temps - des camps de prisonniers horribles ainsi que de son paysan Fassott chez qui il travaillait comme ouvrier agricole. Ses histoires étaient toujours très captivantes et nos amis français les écoutaient aussi souvent avec attention soutenue comme moi. L’influence de ce temps créait chez mon père une forte liaison émotionnelle à la France. La France était sa deuxième patrie.

De plus, mon père et Marcel s’entendaient très bien, ce qui était une autre destiné heureuse. Leur amitié était et est jusqu’aujourd’hui le fondement du jumelage entre les deux clubs, même si mon père n’est plus parmi nous. C’est pourquoi ce n’était pas difficile d’organiser l’échange de Marie-Christine et moi. Un après-midi, Marcel est venu chez nous à Kaiserslautern avec sa famille quand je n’avais pas encore de vacances d’école. Après avoir bu du café et mangé, je suis allé à St. Quentin à la place de Marie-Christine. C’était un beau voyage dans l’inconnu. Le pays m’impressionnait beaucoup, surtout le fait qu’il y avait des routes à trois voies dont on pouvait utiliser la centrale dans tous les deux directions. Impossible en Allemagne et en même temps une preuve que la vie en France était peu compliquée et pratique.

La famille Dupressoir s’occupait de moi avec beaucoup d’attention. Leur chez-soi était en été un local à l’aérodrome dans lequel se trouvait aussi le restaurant que Mme Dupressoir gérait. Le soir - aussi pendant la semaine - les adhérents du club se rencontraient pour parler, mais aussi pour voler. J’ai surtout volé avec Marcel dans un biplan ouvert Tiger Moth ce qui me plaisait très bien. Des vols nous ont menés sur la France le soir. C’était particulièrement beau quand Marcel volait près du sol le long des longues routes vers la mer et atterrissait à Berck pour boire une tasse de café.

Moi aussi, j’ai eu la permission de voler. Après deux vols de contrôle avec l’instructeur du club, M. Dupont, j’ai volé plusieurs fois sur des planeurs différents, entre autre aussi avec la Fauvette, avec lequel Jean-Bernard Lucas s’écrasait plus tard. Pour cela, Marcel me remorquait le matin dans une bonne pompe, et pendant qu’il travaillait comme directeur dans une usine proche, je volais à cœur joie.

D’autres jours, nous avons fait des randonnées avec la voiture. Ainsi, nous avons aussi visité la forêt de Compiègne et Marcel a parlé avec moi de l’histoire de nos deux peuples. La façon juste dont il le faisait a renforcé mon espoir d’une Europe unie que je désire aujourd’hui plus que jamais.»

Le 3 août 1969, le groupe du Flugsportverein Kaiserslautern arrive. Pour le logement et approvisionnement, les français ont déjà merveilleusement pris soin. Le stage commence avec élan et dans le meilleur consentement. On vole ensemble et on fête ensemble. Georg Mock essaie les 300 kilomètres et vole une distance assez longue et Hermann Bolz échoue deux fois étroitement à faire les cinq heures. Très vite, des groupes différents se forment qui entreprennent quelque chose ensemble après la séance de vol et qui savent beaucoup raconter après.

Puis, l’incroyable se passe. Peu de temps après le décollage, la Fauvette F-CCIZ perd l’empennage - peut-être comme conséquence d’une turbulence violente - et tombe vers le sol, avec Jean-Bernard Lucas au manche. Aucun parachute s’ouvre, et tous, français comme allemands, regardent fixement et épouvanté vers le nord où le planeur disparaît derrière une colline. Il n’y a plus de chance pour Jean-Bernard - il ne survit la chute dans sa vingt-troisième année de vie que quelques heures. Beaucoup d’années plus tard, Hermann Bolz trouve des mots pour résumer cet événement:

«Voler dans le ciel sur la France jadis. Pressentir l’étendue, toujours en mouvement, pas de repos.
Seul. Décider seul, trouver seul le chemin, avec la tête froide, avec la main sûre.
La solitude intime le soir, des couleurs chaudes en bas qui se refroidissent lentement.

Sûrement chez soi. Chez soi? Sûrement? Là, où on mange, boit et rit - chez soi?

Un matin plein de projets. Il laisse son ami le planeur.
La mort étend déjà ses bras.
Bientôt, il se cabre, se brise et tombe vite en bas.
On le voit plonger sans bruit derrière une colline, pressent la chute et les souffrances du jeune homme,
sent comme sa vie s’éclate, comme des espoirs sont enterrés.
Une voix forte dans le chaos, lumière clignotante bleue, téléphone, deuil, une limousine noire.

Plus tard: Des fleurs blanches et des avions dans le ciel - l’espoir?»

Avec la mort de Jean-Bernard, un autre lien se noue autour le jumelage entre les clubs de St. Quentin-Roupy et de Kaiserslautern. Profondément émus, les camarades font leurs adieux à Jean-Bernard le 14 août 1969 pendant la messe dans l’église Saint Jean-Baptiste.
Pendant l'accueil par la ville de St. Quentin vers la fin du stage, Georg Mock, Edmund Horlemann et Hermann Bolz obtiennent du maire Leulier chacun une médaille pour de bonnes performances de vol.

Au mois de novembre de cette année 1969 qui est marquée par des hauts et des bas, Marcel Dupressoir gagne le concours d’atterrissage de précision du Flugsportverein Kaiserslautern. Pendant la fête de saison traditionnelle, on fête sa victoire et lui donne la coupe que son nom orne même aujourd’hui.

Le troisième stage commun à Lachen-Speyerdorf 1970
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En dépit de la mort tragique de Jean-Bernhard Lucas, on organise aussi pour l’année 1970 un stage commun. Il a lieu dans le temps du 3 au 16 août à Lachen-Speyerdorf. Comme le nombre des participants a fortement augmenté, le Flugsportverein Kaiserslautern demande - malheureusement sans succès - le soutien de la Bundeswehr. Mais le sixième régiment des dragons de l’armée française aide et mette à la disposition des tentes et des couchettes. Les camarades français viennent cette année avec beaucoup plus d’appareils en Allemagne. Pour remorquer, ils emmènent une Tiger Moth, pour le vol à voile le planeur biplace Bijave ainsi qu’un Wa 30 et un Squale.

Ce stage a une nouvelle qualité parce que l’on effectue une sorte de compétition dans la première semaine. Il faut venir à bout des tâches suivantes:
1re Journée: Lachen-Speyerdorf carrefour de l’autoroute à Bingen Lachen-Speyerdorf

2e Journée: Lachen-Speyerdorf Ebernburg Oppenheim Lachen-Speyerdorf

3e Journée: Lachen-Speyerdorf Mühlacker Lachen-Speyerdorf

4e Journée: Lachen-Speyerdorf Grünstadt Landau Lachen-Speyerdorf

5e Journée: Lachen-Speyerdorf Oppenheim Lachen-Speyerdorf

La compétition est effectué sous conditions de concours, mais on ne le prend pas tellement au sérieux. Particulièrement pour les plus jeunes pilotes, elle est une bonne occasion d’avoir des expériences. Ici le placement des pilotes:

1 Graf Landau Ka 6 1837 Points
2 Renker Neustadt Ka 6 1634 Points
3 Broo Mainz Ka 6 1573 Points
4 Mock, Volz Kaiserslautern Ka 6 1137 Points
5 Cunk Kaiserslautern Ka 6 904 Points
6 Masset, Steinlechner Neustadt Ka 6 816 Points
7 Mayer Rockenhausen Ka 6 795 Points
8 Dupont St. Quentin Wa 30 496 Points
9 Rieth Aschenbach Phoebus 444 Points
10 Engel, Steiner Kaiserslautern Ka 8 417 Points
11 Kramer Haßloch Geier 250 Points
12 Ledru, Richet, Henon St. Quentin Squale 182 Points
13 Bamgartner Neustadt Spatz 69 Points

 

Dans la deuxième semaine du stage, on effectue des vols d’exercice. Cinq camarades français reçoivent leur baptême en vol solo. Le 11 août 1970, on visite l’aérodrome à Sembach et ensuite, les camarades sont accueillis par le 1er maire Emil Demmerle dans le «Casimirsaal» à Kaiserslautern.

Ce troisième stage commun est marqué par une ambiance amicale, voire quelquefois gaillarde, qui contribue surtout à la vie commune du stage. Jeunes et vieux, Français et Allemands dorment côté à côté dans les tentes et organisent ensemble les journées de ce stage qui sont couronnées de succès. Bien que l’on vole beaucoup, il n’y a pas de situations précaires, et à la fin, on peut constater un déroulement du stage sans accident.

Le jumelage en crise
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La dernière lettre de ce temps date du 12 septembre 1970. Le président de l’aéro-club de l’Aisne, Jacques Denoyelle, remercie encore une fois pour le stage formidable à Lachen-Speyerdorf. Il raconte qu’une aile du Bijave a été perdue près de Reims pendant le voyage retour à Roupy. Le conducteur, Bernard Defruit, n’a rien remarqué, on n’a constaté la perte de l’aile qu’à Roupy. L’aile a été retrouvé, mais considérablement endommagé.

En plus, Jacques Denoyelle dit que Marcel Dupressoir et Pierre Ledru ont acheté un Oldtimer CAUDRON C 150 «Pélican» qu’ils veulent restaurer. Finalement, il exprime son espoir de se revoir.

Après cette lettre, les actes du Flugsportverein Kaiserslautern se taisent pendant plus qu’une décade. Plus de fêtes ou d’organisations communes comme auparavant, plus de contacts officiaux.

Et pourtant: l’esprit du jumelage persiste. Des amis se sont trouvés et gardent le contact pendant ces années longues. C’est particulièrement Marcel Dupressoir qui visite régulièrement les fêtes traditionnelles du Flugsportverein Kaiserslautern à la fin de la saison. Les visites mutuelles peu compliquées sur base «privée» vivent d’abord sur les événements communs du passé, mais bientôt, ils développent une propre dynamique.

Ainsi, Boris Cunk réussit le 17 mai 1980 à voler avec le DG 200 de Lachen-Speyerdorf à St. Quentin. Boris se souvient:

«Pendant la fête annuelle dans l’hôtel de ville en 1979, Marcel Dupressoir a dit que celui qui va arriver le premier avec un planeur à St. Quentin va prendre un bain dans du champagne. J’ai voulu être le premier, non pas pour prendre un bain, mais pour boire le champagne, et c’était comme cela! Le 17 mai 1980, je crois pouvoir commencer mon vol de distance de Lachen-Speyerdorf à St. Quentin avec le DG 200 parce qu’il y avait une atmosphère stable avec le vent de l’est!

J’ai fait mes préparations de vol, passeport pour le planeur, cartes, cap etc.

À 12 heures 30 heure locale, le DG 200 est prêt au décollage. Largage à 450 m GND et toute de suite avec 2 m/s montée à 1 400 m. Avec 1/8 Cumulus, le plafond est encore trop bas pour traverser le Pfälzerwald. J’attends avec le départ jusqu’à 13 heures 30 et je vole en passant par le Kalmit à Merzig/Saar (cap 276°, 1800 m). Après environ une heure et dix minutes, je me trouve au-dessus de Merzig (115 km) avec une hauteur entre 1300 et 2000 m GND. Puis je décide de continuer mon vol. En passant par la frontière avec la France et Luxembourg au-dessus de la ville de Dudelange avec 4 m/s de montée et le vent en arrière toujours vers l’ouest, avec beaucoup de changements du cap et d’observation de la carte. Devant moi se trouve la ville de Longwy - Virton sur la frontière belge, puis, toujours vers la France, le Chiers devant la ville de Charignan. Entre-temps, le thermique sans nuages et encore environ 15 km jusqu’à Sedan. Maintenant il me faut me décider: ou atterrir dans l’est de Sedan à l’aérodrome ou continuer mon vol. Je continue de voler vers le nord et j’ai une pompe jusqu’à 2100 m GND.

Entre-temps, il est 16 heures 30, et après une correction du cap, je vole plus à l’ouest. Je vois une assez grande ville - Charleville-Mézières - et j’ai de nouveau 2000 m GND. J’ai liaison radio avec Edwin Schäfer, lui dis ma position et lui demande de dire à ma femme qu’elle peut partir avec la voiture et la remorque à St. Quentin. Cela a été la dernière liaison radio. J’avais encore environ 100 km jusqu’à St. Quentin, très bons thermiques, jusqu’à 4 m/s montée, et on y va! Je suis en travers de Marle près de la Serre et Brune de nouveau à 2000 m GND, devant moi le Canal de l'Oise en direction nord-sud. Dans la distance, je vois un canal et une ville, cela doit être ma destination. C’est vrai: à 17 heures 30 heure locale, je suis avec 2000 m GND au-dessus de St. Quentin, mais où est Roupy? Dans le sud-ouest, je vois l’aérodrome et la ville. Je descends vers le château d’eau et survole la maison de Marcel, qui a déjà été informé par Artur Bolz et m’attendait. Puis atterrissage sur le terrain de Roupy à 18 heures. Après cinq minutes, Marcel est avec moi. Après les salutations, nous mettons le planeur dans le hangar, puis nous allons à la police à St. Quentin pour faire timbrer le document de vol de distance. Ensuite, on fête au champagne. À environ une heure trente, ma femme et Artur et Hermann Bolz arrivent pour me ramener. Le jour suivant, on continue de fêter et on fait un barbecue avant de rentrer.

Cela a été très beau et inoubliable!!!»

L’impulsion formidable qui provient de la conclusion d’un jumelage formel mène à un développement original. Qui donc s’étonne que le jumelage des clubs est renouvelé sur cette base après 14 ans?

Le renouvellement du jumelage entre les aéro-clubs de Kaiserslautern et de St. Quentin
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Avec sa lettre de 6 décembre 1984 à plusieurs destinataires en France, le président de l’aéro-club de l’Aisne, J. Laroche, annonce un grand événement à l’aérodrome de St. Quentin-Roupy. Ensemble avec la ville de St. Quentin, on veut, en 1985, souhaiter la bienvenue à la Patrouille de France dans le cadre d’une grande manifestation avec plus de 10 000 participants. Pour cette raison, on veut aussi associer les aéro-clubs des villes jumelées pour cet événement. Déjà le 18 décembre 1984, une lettre arrive aux Messieurs Georg Mock et Artur Bolz du Flugsportverein Kaiserslautern, dans laquelle J. Laroche et A. Thevenin expriment leur étonnement et leur joie qu’il existe un jumelage entre les deux clubs depuis 1967. Marcel Dupressoir leur a rappelé. En même temps, ils proposent de renouveler ce jumelage aussitôt.

La nouvelle inattendue éveille des résonances très positives à Kaiserslautern. Artur Bolz annonce dans sa lettre du 20 janvier 1985 une visite par avion pour mars suivant.
Cet événement est commenté plus tard dans la presse St. Quentinoise comme suit:

«L'aéro-club de Roupy cherchait à se jumeler, sur le continent ou de l'autre côté de la Manche. Peine perdu, la chose était faite mais oubliée. L'affaire avait en effet été conclue dès 1968 avec Kaiserslautern.»

Par la suite, des visites courtes entre les clubs sont effectuées, partiellement avec le soutien des administrations municipales de Kaiserslautern et de St. Quentin. Le point culminant de ces rencontres est la visite d’une délégation du Flugsportverein Kaiserslautern à St. Quentin. Ici, il y a un accueil à la mairie le 14 septembre 1985. Ensuite, on conclut pendant une conversation à l’aérodrome de Roupy de raviver le jumelage. Comme premier pas dans cette direction, on prévoit la participation des camarades français à la fête de la saison du Flugsportverein à Kaiserslautern. En plus, on envisage un stage à St. Quentin pour 1986.

Le quatrième stage commun à Roupy 1986
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Dans le temps du 7 au 17 juillet 1986, 12 adhérents du Flugsportverein Kaiserslautern viennent à St. Quentin-Roupy. En sont:

Artur Bolz et sa femme Irene
Jürgen Grünenwald
Karl Hofmann et sa femme Anneliese
Edmund Horlemann et sa femme
Edwin Schäfer
Manfred Steiner
Joachim Sobotzik

Edwin Schäfer et Manfred Steiner viennent en avion. Par la route, on emporte le LS 1f et le Ka6.

Ce stage prend naturellement la suitedes stages de la fin des années 60 qui ont été couronnés de succès.

Le cinquième stage commun à Roupy 1987
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Le stage dans le temps du 23 au 31 juillet 1987 représente un point culminant spécial parce qu’on a l’occasion de fêter le 20e anniversaire du jumelage. Le nombre des participants est grand:

Artur Bolz et sa femme Irene
Boris Cunk et Brigitte avec le D-EGPT
Claus Freudenberg et sa femme Conny
Jürgen Grünenwald
Karl Hofmann et sa femme Anneliese
Edmund Horlemann
Herbert Jeblick et sa femme Veronika
Thilo Kliefoth
Wolfgang Lanzer
Edwin Schäfer, sa femme Doris, Rudolf et Volker
Joachim Sobotzik
Manfred Steiner
Claus et Conny Freudenberg se souviennent:

«Quand nous étions la dernière fois à St. Quentin, Conny était enceinte avec notre fils Jan. Maintenant, il a déjà neuf ans, donc nous étions à St. Quentin à l’occasion du 20e anniversaire. Nous sommes y volés avec Herbert et Vroni Jeblick pendant le stage pour rendre une visite courte.

Atterrissage à Reims. Ulla et Friedel Renker atterrissent avec leur avion au même temps. Pendant que les femmes buvaient du café, les hommes réglaient les formalités. Tout à coup, tous les hommes derrière le bureau du fonctionnaire français avaient disparu. Le mot de l’énigme: le fonctionnaire voulait nous vendre en douce du champagne. Nous avons pris quelques bouteilles parce que nous pensions que nous allions le boire le soir dans notre chambre d’hôtel. Mais nous avions tort.

Les chères gens à St. Quentin nous ont gâté non seulement avec un festin formidable, mais ils nous ont aussi rempli avec du champagne - particulièrement nous - car partout où nous étions, on a dit «Oh, tu es enceinte? Eh bien, il faut chercher du champagne de la cave.» Donc, on a «baigné» notre fils dans du champagne! C’est la raison pourquoi il pousse, fleurit et prospère.

Mais ce n’est pas tout ce que nous avons emporté de la France. Notre chien, Maron, est un vrai chien de berger français, un briard. L’idée venait de M. Lambourg. Chez lui, c’était la première fois que l’on avait vu cette espèce de chien. Nous avons pensé qu’il aurait bien avec nous comme il manque tellement d’ordre.

Un jour, nos amis de St. Quentin nous ont invités pour faire une promenade avec leurs voitures, qui culminait avec un repas formidable (de 12.30 à 16.30 heures).

Nous étions tellement rassasiés. Rien n’allait plus.

Après, Marcel Dupressoir a annoncé que nous allions être ses invités personnels le soir pour un «gueuleton» encore plus opulent.

Tout le monde a dit «Je ne peux plus. Je ne peux plus rien manger!»

Mais Artur Bolz a fait acte d’autorité, et ainsi nous avons constaté combien on peut manger - et c’était une soirée magnifique.

On a rendu la pareille la soirée suivante avec un dîner de Paëlla, pour lequel nous avons invité les français.

C’était un beau temps, et Herbert a dit merci au nom de nous tous en partant avec un survol bas sur le terrain - ce qui lui a valu la colère de sa femme.

Friedel Renker est retourné à Lachen-Speyerdorf sans arrêt et sans passer par la douane. Nous dans l’autre avion, nous sommes régulièrement passés deux fois par la douane et nous avons atterri à Lachen-Speyerdorf en retard. Entre-temps, Friedel avait mis le champagne au froid et fin de ce beau voyage, nous avons anéanti spontanément toutes les réserves.»

Le stage est subventionné par la ville de Kaiserslautern avec DM 531.

À l'occasion de la fête traditionnelle de la fin de la saison dans le café dans la mairie, une assez grande délégation de St. Quentin vient à Kaiserslautern cet année. On veut fêter le 20e anniversaire du jumelage. Quelques camarades français qui n'ont jamais été à Kaiserslautern, viennent par avion. Ils croient qu'une tellement grande ville comme Kaiserslautern devrait avoir son propre aérodrome. Ils se posent par erreur à Ramstein et alarment ainsi les troupes alliées, mais la fête peut quand même commencer ponctuellement.

Le sommet est sans doute la nomination de Marcel Dupressoir comme membre d'honneur du Flugsportverein Kaiserslautern. Par cela, on honore ses efforts pour le jumelage entre ces deux clubs pendant des dizaines d'années.

Dans l’an 1988, une délégation du Flugsportverein Kaiserslautern visite le 5 et le 6 mars l’assemblée annuelle de l’aéro-club de l’Aisne. Günter Betz, Margot Ebling ainnsi que Artur et Irene Bolz y participent.

Le sixième stage commun dans le temps du 200e anniversaire de la Révolution Française
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Bicentenaire de la Révolution Française! La chance d’une fête grandiose de cet anniversaire au cœur de la Picardie - et tout cela dans le cadre d’un jumelage qui existe depuis plus de 20 ans! Des conditions formidables pour un succès de ce stage à St. Quentin que le Landessportbund soutient avec DM 474.-

Cette fois, les personnes suivantes participent:

Artur Bolz et sa femme Irene
Hermann Bolz et Petra Weißgerber
Kai Demtröder
Jürgen Grünenwald
Bernd Henrich
Axel Herbst
Edmund Horlemann
Thilo Kliefoth
Wolfgang Lanzer
Horst Ledig et sa femme
Joachim Sobotzik
Otto Willenbacher

Ce stage est un sommet, quant aux vols et à la culture. Chacun de nous se souvient de la grande fête sur le place du marché de St. Quentin le 14 juillet 1989, dans le cadre de laquelle on rejoue symboliquement la prise de la bastille qui est reproduit en Styropor. Après, toute la ville fête, dans les morceaux de Styropor, nous nous fendons la foule, rencontrons des amis et allons avec les gens dans la rue.

Ce stage est le dernier qui soit organisé par le président d’alors du Flugsportverein Kaiserslautern, Artur Bolz. Il a formé essentiellement 22 ans de jumelage avec l’aéro-club de St. Quentin avec ses hauts et ses bas, comme les ont aussi vécu ensemble nos deux peuples. Son amitié avec des adhérents de l’aéro-club de l’Aisne, surtout avec Marcel Dupressoir et sa famille, ont fait persister ce jumelage aussi dans le temps dur. Son dernier stage à St. Quentin avec la participation au 200e anniversaire de la Révolution Française a été le couronnement de cet engagement exemplaire qui représentait pour lui plus que voler ensemble en France: pour lui, c’était sa contribution personnelle, immédiate et effective pour la communication et l’entente entre Allemands et Français - sans fioritures et sans recherche de l’effet - comme c’était son genre. Malheureusement il n’a jamais dans sa vie obtenu de reconnaissance formelle pour son engagement.

Changement de génération chez le Flugsportverein Kaiserslautern
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Avec la mort du président du Flugsportverein Kaiserslautern, Artur Bolz, il y a un changement dans la direction du club de la «génération de la guerre» à la «génération de l’après-guerre». La nouvelle direction du Flugsportverein Kaiserslautern avec Hermann Bolz comme président est énormément rajeuni. En dépit de quelques turbulences qui sont plutôt normales que surprenantes dans une telle situation on a réussi de garder l’esprit du jumelage existant. Et c’est encore une fois Marcel Dupressoir qui arrange les contacts qui sont jusqu’à l’heure la base du jumelage entre les deux aéro-clubs. À la fin de l’an 1992, il établit le contact entre Hermann Bolz et Jean-Pierre Henon, le président de l’Association Sportive Vélivole Raymond Delmotte (ASVRD), comme le club jumelé s’appelle désormais. Ils ont déjà fait connaissance en 1968 parce que Jean-Pierre a déjà participé aux premiers stages du jumelage.

Dans le cadre d’une visite courte de Hermann Bolz, Petra Weißgerber, Hans Geiger, Joachim Sobotzik et Monika Rodermund le 15 et le 16 mai 1993, on peut s’aiguiller vers une nouvelle intensification du jumelage. Pendant le dîner commun le 15 mai, Hermann Bolz s’adresse comme suit aux hôtes:

«Cher Monsieur le Président,
Chers camarades de l'aéronautique,

les liens amicaux entre les aéro-club de St. Quentin et de Kaiserslautern nous unissent depuis plus de 25 ans. Je me rappelle souvent et avec beaucoup de reconnaissance de mon séjour dans cette maison en 1969. Depuis de cette époque nous avons eu des événements certain bon et d'autre tragique. Notre jumelage a eu des hauts et des bas.

Lorsque j'ai remplacé mon père à la présidence du club, j'ai promis de renforcer les liens de notre jumelage - et pour ça nous sommes aujourd'hui avec vous. J'imagine que nous pourrons à nouveaux le développer aujourd'hui comme par le passé.

Nous vous remercions pour cette soirée merveilleuse - et permettez moi de remettre quelque présents du Palatinat à vous, cher Jean-Pierre.»

Comme homme de liaison de l’ASVRD, Jean-Jacques Niay s’occupe jusqu’à aujourd’hui de façon exemplaire du jumelage. Et ainsi on réussit à organiser le prochain stage.

Le septième stage commun à Roupy 1993
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Le 23 juillet 1993, un petit groupe de pilotes de Kaiserslautern prend le chemin à St. Quentin. Jusqu’au 27 juillet, on veut voler pendant un week-end prolongé à St. Quentin. Les participants:

Joachim Sobotzik et Monika Rodermund
Arndt Hoffmann
Christoph Mayer
Sabine Lay
Sandra Kafitz
Dirk Herrmann
Stephan Kronenberger
Thilo Kliefoth passe pour un jour
Hermann Bolz et son fils Hendrik

et Jérôme, le petit-fils de Marcel Dupressoir qui a été chez Hendrik pendant deux semaines. Il rentre à cette occasion chez son grand-père à Roupy. Bien qu’il fasse assez mauvais temps, les pilotes passent des journées belles et mouvementées.

À la fête de la saison du Flugsportverein Kaiserslautern, les camarades Richard Lerat et Norbert Baloche nous visitent. Ils se réjouissent avec nous de la vue formidable du café dans l’hôtel de ville sur les toits de la ville de Kaiserslautern qui brillent dans la nuit et tout le monde sait que l’année prochaine, on va à St. Quentin!

Le huitième stage commun à Roupy 1994
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Ce stage a lieu dans le temps du 30 juillet au 7 août 1994 à St. Quentin-Roupy. Avec l’Astir et le Ka 8 participent

Hermann Bolz et son fils Hendrik
Tobias et Wolfram Leschhorn
Sabine Lay
Gustav Weidler vient avec le D-KOOU

C’est la première fois qu’on vole beaucoup et il y a aussi des atterrissages en campagne. Les camarades français sont excellents en vol de distance et font des triangles chaque journée. C’est impressionnant qu’ils volent plus de 20 000 kilomètres par an. Poussés par ces exemples, nous osons prudemment de faire aussi des vols de distance. La connaissance du fait qu’on peut voler ici jusqu’à ce que la roue roule (en cas qu’on ait sorti le train d’atterrissage), nous aide. À part voler, la journée a d’autres côtés agréables. Surtout, on joue un jeu de cartes, UNO, qui amuse tout le monde.

À l’occasion de la fête de fin de saison dans le café de l’hôtel de ville, une délégation du club français arrive avec les camarades Richard Lerat, Norbert Baloche et Yves Dreux.

Le neuvième stage commun à Roupy 1995
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Ce stage a lieu dans le temps du 5 au 13 août 1995 avec le nombre le plus grand de planeurs et de participants jusqu’ici: Ka 8, Astir, LS 4a et DG 200. Qu’est-ce qu’on veut de plus? Voici les participants:

Hermann Bolz und Petra Weißgerber, Michael und Julia
Hendrik Bolz
Tobias Leschhorn und Astrid Kronenberger
Wolfram Leschhorn
Arndt Hoffmann
Christoph Mayer
Stephan Kronenberger
Jan Fischer
Joachim Sobotzik
Hans Geiger
Manfred Steiner
Sabine Lay

Pendant ce stage, Manfred vole un triangle de 300 kilomètres. Manfred se souvient:

«300 km au-dessus de la Picardie, ou la joie devient sérieux.

Je me rappelle encore très bon les jours à St. Quentin et je crois que je n’oublierai jamais ce vol. Après beaucoup d’années, c’étaient aussi pour moi enfin des vacances pour voler à voile en France ce dont je me suis réjoui beaucoup d’avance. Dans les dernières années, je ne pouvais pas me consacrer intensivement au vol à voile par raisons professionnelles, et c’est pourquoi je n’ai pas véritablement pensé à un vol de distance.

Les premiers jours, le temps était bon pour pratiquer. La veille, on a fait une merveilleuse fête avec nos hôtes. Nous avions emporté des saucisses blanches et plusieurs sortes de bière allemande et tout le monde était de bonne humeur. On parlait avec les autres, et naturellement on a parlé aussi des vols de distance. J’ai été fier quand je racontais mon premier triangle de 300 km avec l’Astir il y a quelques ans. Et puis, il y avait encore la compétition à EDRL avec Steffen Sturn, mais là, on avait les meilleures heures plutôt après le coucher du soleil. Les collègues ont raconté et nous devions reconnaître qu’un triangle à St. Quentin est plutôt pour pratiquer que pour vraiment faire une performance. Après quelques saucisses et peu de bières, nos performances sont devenues de plus en plus bonnes et on a décidé de corriger les statistiques du club et d’essayer un triangle le prochain jour.

Le lendemain - les saucisses blanches montraient déjà quelques effets - on a discuté le sujet encore une fois. Le temps promettait de devenir bon et aussi les français montaient tous leurs planeurs. Mais le petit déjeuner, le montage, préparations du vol, organisation du groupe pour me ramener etc. faisaient marcher le temps plus vite et ainsi, Kroni et moi n’ont été dans le ciel qu’à 13.35. Kroni a voulu essayer le DG 200 et m’accompagner quelques kilomètres.

La première pompe m’a catapulté entre 3 à 5 m/s dans quelques minutes jusqu’à 1900 m, puis je suis parti. Kroni dans le DG a suivi «la matière plastique renforcée par fibres de verre de la maison Rolladen-Schneider», et on a pu constater que les ingénieurs chez Glaser-Dirks n’ont pas dormi non plus, au contraire, sur la distance, le DG vole un peu mieux, ou est-ce que c’est à cause du pilote? Quoi qu’il en soit, Kroni a du retourner après un certain temps et nous n’avons pas pu finir la «discussion». Jusqu’au premier point de virage, les thermiques étaient bonnes, mais pas comparables avec la première pompe. Il m’a fallu très longtemps pour voler autour d’une zone réglementée, trouver le vrai nuage et piloter le LS 4 à RHETEL.
Entre-temps, il n’y avait plus de liaison radio à St. Quentin, mais j’ai pu communiquer à St. Quentin l’entourage du premier point de virage avec mon portable. Hans était enthousiaste, il était assis dans sa voiture à l’aérodrome et moi 1800 m au-dessus de Rethel dans le LS 4. C’est la communication moderne chez le Flugsportverein Kaiserslautern.

Quelques minutes plus tard, je venais de prendre une photo de mon point de virage, un autre planeur s’est joint à moi. Le collègue allait de surprise en surprise quand il a remarqué l’immatriculation allemande, et comme nous étions au même niveau, nous avons profité de l’occasion et avons spiralé assez longtemps ensemble. Quand l’ami voulait quitter la pompe, je l’ai suivi pendant quelques instants, même si c’était l’autre direction. Presque dans le même moment, nous avons eu la même idée quand nous planions avec nos planeurs ensemble au-dessus de la France de l’après-midi. Nous avons pris l’appareil photo dans notre poche pour prendre une photo comme souvenir.

Mais maintenant, il a fallu retourner le plus vite possible si je voulais encore arriver à St. Quentin, à plus forte raison au deuxième point de virage. En pensant cela, j’ai tourné mon planeur vers l’ouest. En passant d’abord par Laon, j’ai passé St. Quentin dans le sud. Cette partie de mon triangle était la meilleure; avec des pompes excellentes, un super planeur et des ambitions croissantes, j’ai fait le tronçon presque sans spiraler dans seulement 35 minutes. Sabine Lay, dans l’Astir au-dessus de St. Quentin, a établi la liaison radio avec le terrain jusqu’à ce que je puisse parler avec les amis moi-même.

Environ 30 km à l’ouest de St. Quentin, le ciel devenait de plus en plus bleu. Les nuages avaient disparu à cause de l’air sec et les pompes étaient rares. Etant donné qu’elles devenaient de plus en plus faible, cette situation était fort désagréable et j’ai douté de la réussite de mon vol. Il était déjà très tard, et la force du soleil faiblissait nettement. Encore 32 km jusqu’à Amiens, et de là encore 61 km retour à St. Quentin. Est-ce que je devenais continuer mon vol sous ces conditions ou bien retourner à l’aérodrome? La probabilité de me vacher avait déjà nettement passé les cinquante pour cent. Après quelques messages radio au «Headquarter», la mission était claire. Voler, voler, voler, comme une «randonnée» est aussi un événement inoubliable pour l’équipe qui doit me ramener.

Donc je continue vers l’ouest. Des pompes faibles et des distances longues sans pompes faisaient tomber la vitesse près de la vitesse d’un Ka 8. Mais qu’est-ce que c’est? Est-il possible? Tout à coup, le vario électrique me signalait de façon excitée quelque chose. Dans des intervalles courtes en grande hauteur du son, il essaie de me convaincre que mon vol devait réussir. «Spirale, spirale, ça monte ici, spirale», le pépiement hectique veut m’expliquer. Et en fait, le vieux navire de plastique a été saisi par une bulle d’air chaude qui me faisait monter non seulement vite mais aussi constamment. En quelques instants, j’avais 1900 m, environ 15 km devant mon deuxième point de virage, AMIENS. Quand la montée cessait, j’ai su que cette pompe pourrait être la dernière ce jour-là. Je retiens quelques marques sur le sol, vole à Amiens, prends deux ou trois photos et retourne quelques mètres plus bas dans la pompe. Mais la pompe avait déjà affaibli et ne pouvait plus monter le planeur hightech allemand jusqu’à 1900 m. La pompe ne suffit que pour garder ma hauteur. Quoi donc? Si je ne prends pas chaque mètre, tout dépend de l’angle de plané du LS 4 comme c’est très invraisemblable de trouver encore une fois une pompe. Je dois voler vers l’est et le soleil est déjà très bas. Le jour est vieux et veut dire au revoir, donc exploiter chaque mètre et voler le plus exactement possible, puis j’ai encore une chance.

Avant que la pompe disparaisse et que je perde ma hauteur ici, je décide de transformer mon énergie potentielle en distance. De 1700 mètres QNH, je commence la finale à St. Quentin. Le vent vient de face avec environ 10 km/h, ce qui ne rend pas la chose plus facile. Je regarde l’instrument qui me montre la vitesse optimale et je fais ce qu’il me dit. Je fais attention de ne pas jouer trop avec les gouvernes.  Chaque débattement représente en même temps aussi de la résistance et doit être payé par la distance. Alors, encore une fois calculer. Combien de kilomètres est-ce que je peux voler avec cette hauteur? S’il n’y a pas de vent descendant exceptionnel, cela devrait suffir jusqu’à l’aérodrome. Et pour le tour de piste? On verra. Quand je vois la piste, je peux aussi faire un «Straight-In». Qui est-ce qui dit «peux»? Probablement, je dois le faire.

Devant moi se trouve l’autoroute de Lille à Paris. Une ligne d’orientation parfaite, et maintenant, je veux savoir ce que les gens à l’aérodrome pensent de la qualité du LS 4. «St. Quentin sol, ici D- 3526, combien de hauteur est-ce qu’il me faut de l’autoroute jusqu’à l’aérodrome?» Des secondes d’inquiétude. «Alors, de l’autoroute jusqu’à l’aérodrome, 1100 m suffisent totalement, quelle est ta hauteur?» - «J’ai encore 1200 m de hauteur!!» - «D’accord, cela devrait suffir.» - «Oui, mais je ne suis pas encore au-dessus de l’autoroute.» En plus, mon altimètre montre la hauteur QNH, donc la hauteur au-dessus des plus hautes mers et non pas celle au-dessus de l’aérodrome. Quand je me trouve exactement au-dessus de l’autoroute, mon altimètre essaie de me désillusionner en me montrant la hauteur de 950 m, mais il faut être bien au-dessus.

Maintenant, il y a encore trois possibilités. Un petit peu à gauche, c’est Péronne, un très grand aérodrome ou je peux me poser confortablement, ou je me vache ce qui ne pose pas de problèmes ici. La troisième possibilité: je vole vers Roupy jusqu’à ce que la roue roule, et peut-être, elle va rouler sur la piste. Je refuse les deux premières possibilités..........
Encore 450 mètres de hauteur, au sud de Péronne. Message radio du LS 4: «Alors, là devant moi, il y a une tour d’une église, et je crois que c’est celle de Roupy. Si c’est vrai, l’aérodrome doit être directement derrière elle, mais je ne peux pas encore le voir.» Hermann: «Si c’est comme ça, nous devrions te voir d’ici, quelle est ta hauteur?» Manfred: «Entre-temps encore 400 m, je vole jusqu’à ce que la roue roule, devant moi, il y a bien de beaux champs.» Hermann: «Moi, il m’a fallu 300 m avec l’Astir de Péronne jusqu’à Roupy, donc cela devrait suffir pour toi aussi.» C’était le midi en 1000 m de hauteur avec de bonnes pompes, comme il m’a dit la même soirée...

Tout à coup, des bâtiments qui ressemblent à des hangars apparaissent dans le coucher du soleil. Cela doit être l’aérodrome. Mais où sont les avions? Où est le marquage de piste? En quelle direction s’étend la piste? L’altimètre montre 180 m ce qui ne m’aide non plus, il faut faire attention à des «landmarks». Hermann: «Manfred, tu es encore en air?» ........Silence.........
Manfred: «Oui, je vois le terrain, vous devriez me voir. Regardez exactement à l’ouest au-dessus des arbres, assez bas.» Hans m’a dit plus tard que c’était super. Quelqu’un a crié:«Oui, il est là!» Puis, les autres m’ont aussi aperçu et la joie était grande. Hermann: «OK - Sors le train d’atterrissage et atterris.» Je n’avais pas l’altitude pour faire plus que cela.
Pour arrondir, j’ai sorti les aérofreins seulement un peu. Puis, le bruit du vent doux qui m’avait accompagné les dernières 6 heures et 25 minutes s’effaçait.

Une belle journée au-dessus de la Picardie se termine.
Avec la conscience d’avoir gagné une aventure formidable avec un planeur génial et avec les amis, je descends de mon planeur.

Démonter, ranger, raconter, fêter, se réjouir, rire.................

Le vol à voile est un sport magnifique!»

Un point culminant du stage est la récitation du poème «Die Glocke» de Friedrich Schiller par Jan Fischer. Jan se souvient de cette soirée remarquable:

«Pour que le premier contact avec une telle œuvre soit plus facile pour mes camarades, j’ai consciemment choisi une ambiance joyeuse.

Après un jour de vol couronné de succès, un dîner délicieux et le meilleur vin français, j’ai cru que le moment était choisi. J’ai commencé par quelques extraits de quelques ballades écrites par des poètes allemands et j’ai fait impression après avec un bref extrait de la lyrique chinoise. Quand la caméra était enfin montée et ajustée, j’ai fait une petite pause intentionnelle, j’ai attendu un clin d’œil parce que l’on a toujours toussé dans l’auditoire pour enfin réciter ce hors d’œuvre de Schiller d’une voix forte et pour suivre tous les hauts et les bas de la dramaturgie.

Mais jusqu’à aujourd’hui, j’ai le sentiment d’avoir produit plutôt un sourire caché que la plus profonde émotion ressentie...!»

Quelques jours après la fin du stage, un message triste arrive de St. Quentin. Le 19 août vers 18 heures 30, leur ami et camarade Claude Baillet s'est écrasé et tué après un vol de distance avec son ASW 20. Nous nous souviendrons toujours des belles heures avec ce camarade gentil, compréhensif et particulièrement secourable.


Claude Baillet

À l’occasion de la fête de la fin de la saison le 02 décembre 1995, Jean-Jacques Niay et sa femme visitent la première fois la ville de Kaiserslautern. Pendant la fête traditionnelle se rencontrent hors de Marcel Dupressoir, sa femme ainsi que la famille de son fils Patrick les représentants de l’ASVRD, Jean-Jacques Niay et Norbert Baloche - un groupe remarquable de la ville jumelée!

Le dixième stage commun à Roupy 1996
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Après le stage de 1995 qui était très couronné de succès, le stage de 1996 est un des plus modestes. À cause d’obligations professionnelles, maladies ou d’autres raisons, beaucoup des intéressés renoncent à court terme à la participation. Ainsi ne restent que les imperturbables qui viennent à St. Quentin avec le Ka 8, l’Astir et le LS 1 f. Ce sont

Hermann Bolz avec sa femme Petra et les enfants Hendrik, Kirsten, Katrin, Michael et Julia
Hans Geiger
Stephan Kronenberger.

C’est un stage avec des obstacles énormes qui ne dure malheureusement que du 2 au 6 août 1996. Quand même, il y a quelques beaux vols de distance. Hendrik raconte:

«Le troisième jour du stage, le 4 août, j’ai enfin voulu voler aussi. Depuis notre arrivée, une inversion se tenait à environ 2000 mètres de hauteur, il n y avait presque pas de cumulus, on devait chercher le thermique dans le bleu du ciel. Le midi, Kroni et moi ont conclu d’essayer un triangle de 200 km: Laon-Amiens-Roupy. Le vent de l’est fort qui soufflait déjà depuis le matin ne cessait pas, donc nous voulions voler la plus longue distance, Laon-Amiens, avec le vent d’arrière et le soir, quand le vent devrait se calmer, retour à Roupy contre le vent. Donc nous avons préparé les planeurs et les barographes et nous nous sommes mis en piste. J’ai décollé le premier avec l’Astir.

Déjà pendant le remorquage, l’aventure de ce vol a commencé: l’Astir n’a guère réagi aux débattements et a titubé lourdement derrière l’avion remorqueur. Avec le débattement pleine à gauche, il a continué pour quelques moments de voler à droite sans se laisser déconcerter avant de se décider d’obéir à mes ordres. Qu’est-ce qui s’est passé? Une faute pendant le montage? On n’avait pas oublié la roulette, j’en étais sûr. Un regard sur le badin a éclairci la chose et m’a fait dresser les cheveux sur la tête: 80 km/h. Pas étonnant! La sueur m’est coulée de la front et j’ai espéré avec ferveur d’être remorqué bientôt dans une pompe. Dans environ 400 mètres, j’ai été délivré, le variomètre a fait un bond à 7 mètres. Tout de suite, j’ai largué et stabilisé ma trajectoire. Plus tard, Kroni m’a raconté qu’on l’a remorqué aussi lentement. Naturellement, nous avons demandé à nos camarades français pourquoi ce pilote volait si lentement. La réponse: «Il tend à voler très lentement...»

La première pompe m’a catapulté dans quelques minutes à une hauteur de 2000 mètres. J’ai attendu Kroni et on y allait. Tout de suite, nous nous sommes aperçus que nous n’avions pas d’expérience de voler des distances. Pour atteindre Laon (moins de 50 km), il nous a fallu plus d’une heure. Nous avons pris la première pompe et ensuite nous sommes partis. Cinq cent mètres plus bas, nous avons de nouveau spiralé et nous nous sommes trouvés en 2000 mètres de hauteur là d’où nous étions partis. Pas étonnant avec ce vent de face. En plus, nous avons parlé trop par la radio comme nous l’ont dit le soir les français énervés. A Laon, nous avons pris nos photos (avec la cathédrale comme point de virage) et nous sommes allés retour avec le vent d’arrière. En route, les pompes sont devenues de plus en plus faibles et rares, c’était la galère! Toujours et toujours, nous avons spiralé et nous avons quitté les pompes après quelques cercles car nous ne trouvions que des pompes dans lesquelles nous pouvions garder la hauteur. Après 90 minutes longues comme un jour sans pain jusqu’à Tergnier enfin une pompe meilleure, après que nous étions déjà descendus nettement sous les 1000 m. Ici, nous sommes montés à 1800 m et nous nous sommes calmés.

Le vent nous a déporté fortement, depuis longtemps nous ne volions plus le long de la ligne dans notre carte, et quand Kroni spiralait conséquemment autour de la pompe, il a perdu son espoir, énervé. «Le vent est trop fort, je ne veux plus. Si tu veux, tu peux continuer.» A-t-il dit et passé une journée agréable au-dessus de la Picardie.

J’ai voulu continuer comme on n’a pas chaque jour l’occasion de pratiquer les vols de distance (surtout pas chez nous) si commodément. Il y a ici partout des champs pour se vacher. Avec entrain, je suis monté jusqu’à 2050 mètres dans la pompe que Kroni avait cherché sans succès. Puis, j’ai continué mon vol, et en peu de temps, j’ai été à Amiens, après un peu plus de quatre heures dans le planeur. Sans perdre du temps, j’ai pris les photos de l’aérodrome et je suis retourné. À Villers-Bretonneux, j’avais trouvé une bonne pompe en route vers Amiens, et je l’ai trouvé de nouveau. Malheureusement, je me suis trouvé toujours au-dessus de l’aérodrome d’Amiens quand j’arrivais au plafond. Vent maudit! Au lieu de se calmer, il soufflait encore plus fortement. En revanche, le thermique commençait de mourir. Il était déjà six heures et demi, et nous voulions être chez Marcel à huit heures pour le barbecue, et j’ai commencé lentement de réfléchir si le temps suffirait si je me vachais. Le jeu avec la pompe se répétait encore quelques fois, puis j’avais ras le bol. Si j’avais eu de l’expérience, j’aurais continué mon vol tout de suite, mais je n’en avais pas...

Donc j’ai volé avec le vent en face vers l’est, toujours le long de la route pour que ceux qui allaient me chercher me trouvent le plus facilement possible. J’avais l’impression de perdre plus de mètres de hauteur que d’en effectuer vers l’est. Trois ou quatre fois, j’ai encore trouvé quelques petites pompes qui étaient toutes très faibles et difficiles de garder. Très souvent, mon père et Hans m’appelaient par la radio pour savoir ma position. Au-dessus de l’autoroute, j’ai pensé la première fois très sérieusement de me vacher. Le sol s’approchait très vite, et c’étaient encore presque 30 kilomètres jusqu’à Roupy. Au-dessus du Canal, je n’avais que 300 mètres de hauteur, et je voyais déjà un champ idéal qui s’étendait en direction du vent et qui se trouvait juste à côté de la route. Donc une dernière liaison radio avec Roupy:«Je n’arrive plus, je vais me vacher près de Brie.» Apres cinq heures et quinze minutes, mon premier vrai essai d’un vol de distance devrait donc se terminer.

Maintenant, je me concentre à mon premier atterrissage en campagne. Et qu’est-ce que je vois? Dans mon champ fantastique se trouve une ligne à haute tension. Hauteur 200 mètres, où est le prochain champ idéal? À l’autre côté de la route, il y a deux champs - malheureusement en travers du vent - que je peux atteindre sans problèmes avec un virage à gauche. Le champs à gauche a été passée par la charrue, les pièces restantes sont assez grandes. Le champs à droite est un champs de blé, mais c’est probablement le seul dans toute la région où on n’a pas encore récolté. Mais maintenant, je m’en fous, avec 80 mètres de hauteur, je ne peux plus chercher longtemps un autre champ. Je ne sors pas le train d’atterrissage pour qu’il ne soit pas endommagé par les épis. Je me dis que le blé va adoucir la chute. Je sors les aérofreins, j’envisage le bord gauche du champ et je prends les épis comme sol. Silencieusement, je plane sur le blé et je commence de ralentir. Les épis s’approchent de plus en plus, et enfin, l’Astir les touche avec un frémissement et plonge dans le champ. Il devient sombre pour un instant, du blé crépite autour de moi, une poussée douce, en petit virage à gauche, une secousse, l’Astir s’arrête.

Avec des genoux tremblants, je descends et regarde mon planeur. Pas de dommages visibles, tout est encore là . Je n’ai pas détruit beaucoup de blé, sauf une tache qui est aussi grande que l’Astir, rien n’est affaissé. J’écris quelques mots sur une fiche («Je vais bien») et va à côté de la route pour guider mes amis au planeur parce qu’il n’y a plus de liaison radio.

Après 20 minutes, mon père, Marcel et Kroni sont venus. Je les ai menés au champ où nous avons eu une vue formidable: le plan fixe de l’Astir dominait le blé comme le nageoire d’une baleine s’élève sur la mer. Un paysan était en train de récolter, une demi-heure plus tard, et j’aurais eu la meilleure piste possible pour me poser. Avec l’aide de Marcel, on a expliqué au paysan ce qui s’était passé. Celui-ci a été très gentil et il a demandé au conducteur de la moissonneuse-batteuse de couper le blé autour de l’Astir. Dans la poussière de la moissonneuse-batteuse, nous avons démonté l’Astir et nous sommes retournés à Roupy où nous l’avons nettoyé un peu.
On dément que, jusqu’à aujourd’hui, des grains de blé isolés mènent une vie secrète dans l’Astir...

Pendant la fête chez Marcel après, on a beaucoup raconté et ri, c’était le sommet d’une journée fantastique.»

En dépit du temps serré, les activités hors du vol à voile ont des points culminants impressionnants. Une réunion très agréable dans la maison du club qui est entre-temps très bien restaurée et une soirée formidable chez notre Marcel Dupressoir.

Perspective
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À peine de retour à Kaiserlslautern s’annonce que les relations Kaiserslautern - St. Quentin, en tant qu’elles touchent le jumelage existant, vivront une poussée exceptionnelle. Catherine Dupressoir et Hans Geiger se sont trouvés par la voie du jumelage des aéro-clubs et veulent se marier pendant le stage anniversaire 1997. Trente années de jumelage entre les aéro-clubs de Kaiserslautern et de St. Quentin et une alliance pour le reste de la vie!

Vive l’amitié franco-allemande!
 
Voilà la fin de la Chronique telle qu'elle a été édite en 1997

Traduction: Hendrik Bolz
Vérification: Jacques Denoyelle